cemment un des plus grands succès littéraires du tempspar la publication de ses Pensées philosophiques \mélange de sentimentalisme et d’épicuréisme, se lançaalors dans la politique et fit paraître son Coup-d'œïlsur les relations politiques entre la république fran-çaise et le corps helvétique. Il ne s’en tint pas là, et fitsuivre cet écrit de plusieurs autres. Le colonel de Weiss,précisément à cause de ses goûts littéraires et de sa fa-cilité à parler et à écrire le français, avait été, dans lespremières années de la révolution, l’homme de con-fiance du gouvernement bernois, et son agent de prédi-lection quand il fallait remplir une mission difficileauprès du gouvernement révolutionnaire de Paris. Cor-respondant du Genevois Clavière, du Yaudois Pache,l’un et l’autre ministres de la république française, deRobespierre même, de Weiss avait contribué efficacé-ment à retarder l’intervention française en Suisse. Du-rant toute la période de la Convention, il sut maintenirdans des termes convenables, et parfois même affec-tueux, les rapports diplomatiques entre la France et lepuissant canton de Berne.
Chargé de la défense du Pays de Vaud, quand l’in-vasion française fut devenue imminente, inévitable, deWeiss fut jaloux de soutenir son rôle politique jusqu’aubout. Il déclama plus qu’il n’agit. Ses proclamationsétaient empreintes d’une certaine emphase philoso-phique ou philanthropique, qui n’était pas précisément
1. En 1806, les Pensées philosophiques du major de Weiss avaientdéjà atteint leur onzième édition. Leur succès fut immense, enRussie surtout, et dans d’autres pays du Nord.