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Etudes sur l'histoire littéraire de la Suisse française : particulièrement dans la seconde moitié du XVIIIe siècle / par E.-H. Gaullieur
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« Suisse, ô mon berceau ! le sentiment de la plusdouce joie presse mon âme à laspect de ton bonheur,et mes vœux constamment ty rappellent. Tous les mauxde la guerre ne ravagent pas ma patrie. Nous cultivonsen paix le champ de nos aïeux ; nous dormons tran-quilles à labri de la loi qui veille, et nous savons quelautorité souveraine nest que légide, que lappui dela loi. »

Certes, un pareil langage navait rien de désobligeantpour Berne. Il était aussi conciliant, aussi apologé-tique quon pouvait lexiger dun Yaudois. Il nempê-cha pas lauteur dêtre condamné, peu après, à cinq ansde prison, pour avoir pris part à un banquet devenufameux dans les annales vaudoises, et porté un toastà la grande nation. Des mesures non moins acerbeslurent décrétées contre dautres citoyens qui jusqua-lors avaient été connus par la modération de leurs opi-nions. Il y eut des poursuites terribles, et tout-à-faitinouïes, dirigées contre la presse et contre dobscursdistributeurs de brochures politiques *. Ces rigueursétaient complètement impuissantes et ne faisaientquaugmenter le mal. Ceux- même qui avaient da-bord paru vouloir se tenir à lécart, furent obligés deprendre parti et de suivre les nouvelles destinées de lapatrie. Les Monod, les Muret, les Pidou, les Secretan,ces hommes remarquables qui contribuèrent si puis-samment à la création du canton de Vaud, nétaient

1. Lisez YBistoire du patriote Reymondin pendant sa détention dansles différentes bastilles du canton de Berne. 1793 ; in-12.