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COURS D'ECONOMIE POLITIQUE.
9 centimes. Tout porte à croire que la navigation duRhône se contentera prochainement de prix beaucoupplus bas, surtout si le fleuve est l’objet de quelques amé-liorations qui ont été signalées en détail par les ingé-nieurs.
A l’égard des voyageurs, les bateaux à vapeur offrent unavantage plus grand que pour les marchandises, et le bonmarché alors n’est pas restreint à un petit nombre defleuves privilégiés. C’est qu’un bateau chargé de voya-geurs ne cale pas beaucoup d’eau. Tout le monde saitqu’aulour des grands centres de population, lorsqu’ilsson t baignés par d’assez beaux fleuves, on fait des trajets de10,15 et 30 lieues et plus pour très-peu d’argent. 11 n’estpas rare alors que le prix des secondes places qui sont lesplus fréquentées, soit de 2 ou 3 centimes par kilomè-tre, et celui des premières de 5 à 6. Sur l’Hudson, entreNew-York et Albany, aux premières et uniques places,même avant le chemin de fer qui unit ces deux villes,on payait communément 1 dollar, ou moins de 2 cen-times 1/2 par kilomètre. La concurrence a souvent misles prix à la moitié, il y a plusieurs années déjà, on remar-quait sur ce fleuve un bateau qui faisait les voyages denuit, et qui était somptueusement aménagé, le Diamant.Le passage n’y était qu’à 1/2 dollar pou ries voyageurs quiprenaient un lit, à l/à de dollar pour ceux qui se conten-taient d’un siège. C’était donc pour ceux-ci 2/3 de cen-time, pour ceux-là 1 centime 1/4. Quand la rivière estprofonde, on combine avantageusement, pour les longstrajets, le service des voyageurs avec celui des marchan-dises, si bien que, même avec une quantité médiocre devoyageurs, on peut tenir les prix des places à un niveautrès-modeste. Ainsi, il y a quelques années, sur l’Ohio etle Mississipi, on payait, dans la cabine, nourriture et litcompris, de Pittsburg, Cincinnati, ou Louisville à la