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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
puis quelques années de grandes quantités de maïs. Uslui expédient aussi beaucoup de viandes salées. L’Amé-rique présente, particulièrement dans sa moitié méri-dionale, de vastes régions où la population semble devoirêtre rare pendant longtemps encore, et où l’exploitationdu sol se fera, durant des siècles peut-être, sous la formede l’industrie pastorale, qui est particulièrement appro-priée à une population peu nombreuse, ainsi que l’at-teste l’histoire de la civilisation à son début. Dans cesrégions du nouveau monde, tant que ces conditionsy subsisteront, la production de la viande à bon mar-ché et en abondance sera facile. On ne voit pas pour-quoi, même avec une population clair-semée, l’industriede la préparation des conserves n’y serait pas pratiquéeavec succès. Resterait ensuite à transporter les viandesainsi préparées, des lieux de production en Europe. Maisles portions de l'Amérique que nous avons en vue en cemoment, et qui consistent principalement dans les pro-vinces de la Plata, où l’on trouve, sous le nom de pam-pas, d’immenses prairies naturelles, sont sillonnées parde grands fleuves navigables qui permettent d’atteindreà peu de frais les ports maritimes. Quant à la traverséed’un continent à l’autre, il est connu qu’elle est peudispendieuse. Il en coûte moins, pour faire traverserl’Océan aux marchandises qui se présentent en masse,que pour leur faire faire par le roulage un petit trajet,comme serait deux fois le diamètre d’un département.
Les régions tropicales de l’Amérique fourniront peut-être aussi un jour à l’Europe , en grande quantité,une autre nature d’aliments non moins utiles que laviande. Entre les tropiques, il faut très-peu de travailpour obtenir en abondance des racines farineuses, tellesque le manioc, ou encore des fruits farineux, tels quecertaines variétés de banane. Ce n’est pas se faire une