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COURS D'ÉCONOMIE POLITIQUE.
Un peuple qui se flatterait de tout fabriquer, et d’être,par sa seule initiative et ses seules ressources, au pre-mier rang dans toutes les variétés de l’industrie, s’abu-serait de la façon la plus étrange, et ce péché d’orgueilretomberait lourdement sur lui, par la cherté qu’il éprou-verait pour bien des articles, indépendamment des autrespeines qu’il pourrait avoir à subir. L'expérience et laraison indiquent également que l’émulation est néces-saire à l’homme pour qu’il fasse bien ce qu’il a entrepris,et pour qu’il ne sommeille pas dans la poursuite de sonobjet. La Chine nous montre, par l’état de son industrienon moins que par celui de ses sciences, de ses beaux-arts, de ses institutions civiles, politiques et militaires,quel est le sort réservé aux peuples qui s’isolent.
Mais apprécions plus en détail ce système, relative-ment au bon marché normal et éminemment enviablequi forme maintenant l’objet de notre enseignement.Comme nous l’avons dit plus haut (1), le bon marchénormal a pour origine le perfectionnement de l’industriedans ses procédés, dans son personnel aussi bien quedans son matériel ; il se révèle par une abondance sou-tenue, et par des prix qui sont de plus en plus modérés,et d’une manière absolue, et relativement au montant dessalaires. Or le système prohibitioniste, en empêchantl’aiguillon de la concurrence étrangère de se faire sen-tir, supprime un stimulant le plus souvent indispensa-ble, et dans tous les cas utile, pour le perfectionnement del’industrie. Quant à l’abondance, il la restreint et mêmey substitue maintes fois la rareté, la pénurie, puisqu’ilinterdit l’entrée du pays aux marchandises étrangèresqui seraient tentées de venir grossir les approvisionne"ments, ainsi qu’aux matières premières et aux moyens
(1) Pag. 492 et suivantes.