VINGT-CINQUIÈME LEÇON. 525
d’action tels que les machines, les appareils et les ré-actifs qui accroîtraient la fécondité du travail national.A l’égard du bas prix, il est évident qu’il y est défavo-rable : il est institué pour l’empêcher.
Je pourrais vous faire observer aussi qu'il est contraireà la liberté du travail, qui elle-même est bien reconnuepour une des causes efficientes du bon marché. On nesaurait dire que le travail est libre quand il est entravéou paralysé dans ses efforts à l’effet de se procurer soitdes matières premières, soit des machines, soit desréactifs, soit des articles à demi fabriqués, tels que desfils de coton ou des calicots écrus qu’on introduiraitpour leur donner une façon nouvelle. Le système n’estpas moins contraire à la liberté du consommateur, etpar là encore il est visiblement en opposition avec lebon marché. Il est en désaccord flagrant avec les règlesd’une bonne justice distributive et avec le principe del’égalité devant la loi : la suppression de la concurrenceétrangère en effet, en faisant payer, dans un grandnombre de cas, les marchandises plus cher, oblige ainsile consommateur à servir, sous la forme de supplémentde prix, une redevance aux chefs d’industrie ; c’est mêmece qui arrive nécessairement, à moins que la concurrenceintérieure ne soit assez active pour abaisser les prix aumême niveau que de l’autre côté des fr ontières ; on verra,dans le cours des observations qui vont suivre, que laconcurrence intérieure, lorsqu’elle est abandonnée à sonseul aiguillon, peut être amortie de plus d’une façon,et dans beaucoup de cas en effet elle subit ce sort fâ-cheux. Or, comment concilier avec l’équité et avec leprincipe sacré de l’égalité devant la loi ce fait qu’uneclasse de citoyens perçoive ainsi un tribut sur la nation ?
On aperçoit tout de suite que ce système a été in-venté par des manufacturiers à leur propre usage ; et je