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VINGT-CINQUIÈME LEÇON.
bours, qui se distinguerait de toutes les aristocratiesconnues jusqu’à ce jour, et particulièrement de la no-blesse de l’ancien régime, en ce que le privilège dontelle jouirait par rapport au public, de lui faire payer untribut, n’aurait pas pour compensation un devoir cor-respondant.
Pour la noblesse, le revers de la médaille était d’allerpayer de son sang et de sa fortune, à l’armée, pour dé-fendre la patrie en général, les vilains en particulier.Quelque peu de sympathie qu’on ait pour l’ancien ré-gime, on doit reconnaître qu’elle ne chercha jamais àesquiver ce devoir, qu’elle le remplit toujours avec zèleet dévouement. Pour les manufacturiers protégés, iln’est pas difficile d’indiquer le devoir qui serait le cor-rectif et, jusqu’à un certain point, la justification de laprérogative énorme dont ils jouissent, par une excep-tion solitaire dans la France moderne, de lever un im-pôt sur leurs concitoyens : ce serait qu’au lieu de laprohibition ou des droits prohibitifs, qui interdisentabsolument l’action de la concurrence étrangère, ilsfussent seulement protégés par des droits décroissantsqui laissassent à celle-ci une ouverture par où elle pûtfaire sentir ses effets, et stimuler l’industrie nationale ;transformation fort mitigée, ce semble, du devoir dontl’ancienne aristocratie s’acquittait avec tant de patrio-tisme, de soutenir l’assaut de l’étranger.
Mais les partisans de la prohibition ne l’entendentpoint ainsi ; ils posent en principe, ils érigent en unesorte de dogme, que le tarif doit complètement et à ja-mais amortir, abolir la concurrence étrangère, et qu’àcet effet, le mieux, la seule chose que le législateur ait àfaire, est d’établir à demeure la prohibition absolue.Ainsi, que les chefs d’une même branche d’industrie, aulieu de se faire concurrence, se concertent de manière à