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Leçons / par Michel Chevalier
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VINGT-CINQUIÈME LEÇON.

bours, qui se distinguerait de toutes les aristocratiesconnues jusquà ce jour, et particulièrement de la no-blesse de lancien régime, en ce que le privilège dontelle jouirait par rapport au public, de lui faire payer untribut, naurait pas pour compensation un devoir cor-respondant.

Pour la noblesse, le revers de la médaille était dallerpayer de son sang et de sa fortune, à larmée, pour dé-fendre la patrie en général, les vilains en particulier.Quelque peu de sympathie quon ait pour lancien ré-gime, on doit reconnaître quelle ne chercha jamais àesquiver ce devoir, quelle le remplit toujours avec zèleet dévouement. Pour les manufacturiers protégés, ilnest pas difficile dindiquer le devoir qui serait le cor-rectif et, jusquà un certain point, la justification de laprérogative énorme dont ils jouissent, par une excep-tion solitaire dans la France moderne, de lever un im-pôt sur leurs concitoyens : ce serait quau lieu de laprohibition ou des droits prohibitifs, qui interdisentabsolument laction de la concurrence étrangère, ilsfussent seulement protégés par des droits décroissantsqui laissassent à celle-ci une ouverture par elle pûtfaire sentir ses effets, et stimuler lindustrie nationale ;transformation fort mitigée, ce semble, du devoir dontlancienne aristocratie sacquittait avec tant de patrio-tisme, de soutenir lassaut de létranger.

Mais les partisans de la prohibition ne lentendentpoint ainsi ; ils posent en principe, ils érigent en unesorte de dogme, que le tarif doit complètement et à ja-mais amortir, abolir la concurrence étrangère, et quàcet effet, le mieux, la seule chose que le législateur ait àfaire, est détablir à demeure la prohibition absolue.Ainsi, que les chefs dune même branche dindustrie, aulieu de se faire concurrence, se concertent de manière à