VINGT-CINQUIÈME LEÇON. 539
on oblige les membres à payer ce supplément s’appauvritd’autant.
Tenons-le donc pour démontré, c’est se tromper quede croire que les sacrifices imposés à la société par lesystème prohibitif, ou d’une manière plus générale parle système protectionniste, développent la richesse de lasociété au moyen du travail qu’ils entretiennent ou sus-citent, à ce qu’on prétend. Loin de là. Le public con-sommateur est appauvri de toute la différence qui sub-siste entre les prix qu’il paie sous l’étreinte du systèmeet ceux qu’il paierait si la concurrence étrangère pou-vait intervenir. La cause d’appauvrissement ou l’obstacleau bon marché, c’est tout un, ne serait que temporaire sila disposition prohibitive ou protectionniste n’était in-scrite dans la loi pour un espace de temps limité. Maissi les restrictions et les prohibitions sont perpétuelles oumaintenues indéfiniment, il est à craindre que le mal nes’éternise aussi. 4 l’égard de plusieurs articles, on n’aaucune garantie qu’il n’en sera pas ainsi; dans beaucoupde cas, en effet, l'aiguillon de la concurrence étran-gère peut seul contraindre le producteur à orga-niser son industrie sur un pied tel qu’il n’ait pas plusde frais que ses émules du dehors. L’expérience enfournit des preuves trop multipliées. Pareillement, l’ob-servation des faits démontre que, lors même que les pro-ducteurs nationaux ont perfectionné leur industrie aumême degré que l’étranger, il y a beaucoup de cas oùle public n’en recueille que très imparfaitement le fruit,jusqu’au moment où la concurrence étrangère se metde la partie.
Les défenseurs de la doctrine prohibitionniste ou pro-tectionniste supposent qu’ils ont justifié la redevance quele public paye à ceux des manufacturiers protégés quiproduisent plus chèrement que l’étranger, en repré-