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Leçons / par Michel Chevalier
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VINGT-CINQUIÈME LEÇON. 539

on oblige les membres à payer ce supplément sappauvritdautant.

Tenons-le donc pour démontré, cest se tromper quede croire que les sacrifices imposés à la société par lesystème prohibitif, ou dune manière plus générale parle système protectionniste, développent la richesse de lasociété au moyen du travail quils entretiennent ou sus-citent, à ce quon prétend. Loin de. Le public con-sommateur est appauvri de toute la différence qui sub-siste entre les prix quil paie sous létreinte du systèmeet ceux quil paierait si la concurrence étrangère pou-vait intervenir. La cause dappauvrissement ou lobstacleau bon marché, cest tout un, ne serait que temporaire sila disposition prohibitive ou protectionniste nétait in-scrite dans la loi pour un espace de temps limité. Maissi les restrictions et les prohibitions sont perpétuelles oumaintenues indéfiniment, il est à craindre que le mal neséternise aussi. 4 légard de plusieurs articles, on naaucune garantie quil nen sera pas ainsi; dans beaucoupde cas, en effet, l'aiguillon de la concurrence étran-gère peut seul contraindre le producteur à orga-niser son industrie sur un pied tel quil nait pas plusde frais que ses émules du dehors. Lexpérience enfournit des preuves trop multipliées. Pareillement, lob-servation des faits démontre que, lors même que les pro-ducteurs nationaux ont perfectionné leur industrie aumême degré que létranger, il y a beaucoup de casle public nen recueille que très imparfaitement le fruit,jusquau moment la concurrence étrangère se metde la partie.

Les défenseurs de la doctrine prohibitionniste ou pro-tectionniste supposent quils ont justifié la redevance quele public paye à ceux des manufacturiers protégés quiproduisent plus chèrement que létranger, en repré-