PRÉLIMINAIRES. l5
constitution de l’état peut le permettre , si l’on veut êtreassuré que rien de ce qui devait être considéré n’a éténégligé , que toute idée utile a pu être mise à profit, et quetoute objection plausible a été résolue , autant du moinsqu’elle pouvait l’être.
Quiconque a suivi un peu les discussions de quelquescorps représentatifs demeure plus que convaincu decette vérité.
Que le ministère du roi de France ou le conseild’état de Genève présente un projet de loi à l’assembléedes députés de sa nation * ; ce projet est déjà le fruit
1 Genève , sous le rapport des institutions et de la civilisa-tion , peut être mise en parallèle avec quelque autre état que cesoit.
Parmi les orateurs de son assemblée , MM. Pictet, Dumont,Sismondi , de I.andolle , Rossi, Bellot, etc. , sont bien connuspar leurs ouvrages dans l’étranger.
L’ extrait succinct qu’on publie maintenant des délibérations
u Conseil représentatif et souverain, lait voir que les lois consti-tutives de l’état sont bonnes, que la législature marche bien,ainsi que le gouvernement; et que dans l’une et dans l’autreles affaires sont dirigées par des personnes non seulement trèsinstruites , mais très probes, ce qui ne se rencontre pas partout.
L’état est petit; mais comme la nature se plaît quelquefois àse montrer plus merveilleuse dans les petites choses, il peut aussien être de même de l’ordre social. Delolmc, le publiciste qui ale mieux écrit sur la constitution anglaise, dit qu’il avait mieuxcompris celle-ci, parce qu’il connaissait celle de Genève , où ilétait né ; et la constitution de Genève d’alors ne vaut pas celled’aujourd’hui. Genève lui servit donc de modèle.
Genève est un état de peu d’étendue; mais ce que,' pourmon compte , j’y trouve d’infiniment remarquable, c’est qu’il