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Tome premier.
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SUR LES GRISONS.

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dues observations? Jusques à quand la Suisse, libre àtant d’égards, gémira-t-elle sous cet esclavage litté-raire? Jusques à quand des hommes venus en postede Paris ou de Londres prétendront-ils faire connaîtreaux naturels mêmes du pays les mœurs, l’état politiqueet les curiosités de l’Hclvétie? Ne naîtra-t-il pointparmi nous un observateur ami de la vérité et de lanature, qui, au rare talent de bien écrire joignant letalent plus rare encore de bien voir, consacrera sontemps pendant quelques années à visiter sa patrie, etnous fera ensuite l’inestimable présent d’un voyagevrai, sensé et bien fait? Avec quelle rapidité disparaî-traient alors tous ces ouvrages superficiels, lus aujour-d’hui avec tant d’avidité et avec si peu de profit îAinsi disparaissent au lever de l’aurore ces fantômesimposteurs, qui, durant les nuits silencieuses, éton-nent le simple habitant des Alpes. Cet observateur neparait point encore ; mais peut-être n’est-il pas éloigné :qu’il me soit du moins permis de le prévenir par mesdésirs et de l’appeler par mes vœux !

Le jour avant celui où j’arrivai à Trons, j’aperçussur le soir un homme d’un Age déjà avancé, habillétout de noir : il tenait le manche 8 d’une charrue at-telée de deux génisses qu’un enfant chassait devantlui. Son habillement, son front serein, son air au-des-sus du commun fixèrent mes regards, et je dis à monguide : Qui est cet homme-là? C’est, me répondit-il,le pasteur du village et son fils. Alors je m’arrêtai pourl’examiner : le souvenir d’un père chéri se retraça entraits de flamme à mon âme attendrie, mon cœur se