SUR LES GRISONS.
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crois avoir déjà lu cette observation dans quelquevoyageur suisse, tant il est vrai, dis-je, que l’habitantde ces régions élevées, sans cesse exposé à être écrasépar l’avalanche, englouti par le torrent, à périr defroid, ou sous la dent de l’ours, luttant continuelle-ment contre une nature irritée qui ne lui présentequ’un aspect sombre, menaçant et terrible, sent plusque l’habitant des plaines l’avantage de la religion etle besoin de se jeter entre les bras d’un Dieu consola-teur.
SECOND FRAGMENT D’UN VOYAGE
DANS LE PAYS 6RISON.
Crescit eundo.
Un torrent sorti de la Val-Pluvieuse sépare le bail-liage de Pleurs du comté de Chiavenna : à sec pendantl’été, il n’est considérable qu’à la fonte des neiges, ouaprès de longues pluies. En côtoyant la Maira, le pre-mier village que je trouvai fut Ste-Marie de Prosto :ce petit endroit n’est remarquable que par sa situation ;adossé d’un côté à une colline couverte de riches vi-gnobles et d’habitations champêtres, il est séparé del’autre par la rivière, d’une montagne aride, composéede rocs immenses, bizarrement entassés, entre lesquelscroissent à peine quelques arbustes : la fertilité de cettecolline, où tout porte les traces du travail et de l’indus-