SUR LES GRISONS.
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penche vers la terre une tcte ridée et sans cheveux.,et se soutient à peine à l’aide d’un bâton sur des jam-bes décharnées et tremblantes. Dans sa première jeu-nesse, il allait de lieu en lieu raccommoder les pots deterre : mécontent de ce métier trop ingrat, il prendenfin la résolution de mettre à profit la crédulité de scsconcitoyens; il insinue qu’il a fait un pacte avec lediable ; on le croit sans peine, et le voilà sorcier re-connu. De toutes parts on courait à lui; il disait labonne aventure, rompait les enchantements, guéris-sait les maladies données, découvrait les trésors, etsurtout chassait les démons du corps des possédés. Laméthode qu’il suivait à l’égard de ces derniers est assezsingulière ; il conduisait pendant le silence d’une nuitprofonde celui qui se croyait obsédé dans les solitudesles plus effrayantes ; là il lui donnait des soufflets etdes coups de pied'; puis, quand il l’avait suffisammentmaltraité, il s’écriait : « Voilà le démon qui sort, je le» vois qui se sauve, » et finissait par lui tirer un coupde fusil pour qu’il ne fût plus tenté de revenir : leprétendu possédé, roué dans tous ses membres, maispersuadé de la fuite de l’esprit immonde, s’en retour-nait content dans sa maison, non sans avoir largementrécompensé son libérateur.
Rosino aurait dû être satisfait de ce nouveau genrede vie, bien plus lucratif que le précédent ; d’ailleurs,comme il errait çà et là, se retirant dans les cavernespresque inaccessibles, il pouvait espérer de se déroberaux faibles poursuites du magistrat ; mais il voulutfaire une fortune plus rapide; il vola, fut arrêté et