SLR LES GRISONS.
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ches, est la polenta, qui n’est autre chose que de lafarine de maïs bouillie avec de l’huile et de l’eau. Levin y est à vil prix, aussi en fait-on une grande con-sommation, et le paysan, qui s’enivre à peu de frais,oublie souvent, par la vertu de cette liqueur conso-lante, le sentiment pénible de sa misère et de ses be-soins.
Plusieurs familles de cette contrée sont réduites àla dernière pauvreté ; elles accourent à Chiavenna lesamedi, jour où les maisons Salis ont accoutumé deleur faire une légère distribution d’argent. Combiende fois j’ai gémi d’horreur et de compassion en voyantcette multitude de mendiants de tout âge, pâles, dé-goûtants et hideux, sous la livrée déchirée de la plusprofonde indigence, attendre avec impatience et sedisputer avec avidité le faible tribut que la lente pitiédu riche leur paye pour se débarrasser de leur vueimportune! Dans cette troupe de mendiants, je re-marquai beaucoup de goitres aussi gros pour le moinsque ceux du Valais, et grand nombre de crétins. Pour-quoi dans la Brégaglia, qui borne ce district à l’orient,et dans le comté de Chiavenna, qui le termine à l’oc-cident, ne rencontre-t-on ni goitreux ni imbéciles? Jelaisse à de meilleurs physiciens que moi à chercherdans la situation de ce district, dans ses eaux, dans sonsol, ou dans les aliments de ses habitants, la solutionde ce problème.
La misère du peuple ne vient ici, ni d’une tropgrande population (elle était autrefois beaucoup plusconsidérable), ni des impôts ; ils ne payent presque