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Tome premier.
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LETTRES

rien à l’Etat ; ni de la stérilité de la terre ; elle récom-pense libéralement les travaux du cultivateur. Lesvéritables causes en sont la situation du pays, lanature de ses productions, le caractère des habitants,la forme du gouvernement qui les régit, et surtout lamanière dont les paysans jouissent des terres, qui,pour l’ordinaire, sont entre leurs mains à titre deferme et non de propriété ; comme c’est par ces mê-mes raisons que le Valtelin est si pauvre, et qu’un peu-ple nombreux, sobre et industrieux, habitant l’undes pays les plus fertiles de l’Europe, vit néanmoinsdans l’avilissement et l’indigence, je les examinerai àfond l’une après l’autre, quand je traiterai de la Yal-teline.

On ne doit pas, en général, s’attendre à trouver unbeau sang chez des agriculteurs luttant contre le be-soin, et assujettis à un travail pénible. Ici cependant,les paysans ne sont pas mal pour la figure : brûlé parl’ardeur du soleil, leur teint est basané sans être désa-gréable ; à une taille avantageuse ils joignent unephysionomie riante et spirituelle et des traits forte-ment prononcés : à quinze ou seize ans, les femmessont assez jolies ; elles ont de l’embonpoint, des yeuxnoirs et vifs, et des dents d’une blancheur éblouis-sante ; mais à vingt-cinq elles sont déjà passées. Il n’ya que les femmes des villes et celles des montagnesqui aient l’avantage de se conserver longtemps ; lespremières, parce qu’à force de soins et d’art elles sa-vent retarder ou déguiser les outrages des

années ; les secondes, parce que le développement de