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Tome premier.
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SUR LES GRISONS.

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leur taille et de leurs traits s’opérant plus lentement,est par conséquent plus fini, plus parfait et plus propreà garder sa fraîcheur, ses grâces et son harmonie. Ce-pendant j’ai vu que partout on pouvait appliquer àune jolie femme ce vers de Colardeau :

Le destin d’une belle est celui d'une fleur.

Du village de Prosto, on voit de l’autre côté de larivière l’église paroissiale et un hôpital destiné autre-fois à recevoir les pèlerins. Ces deux bâtiments, assezvastes et assez bien entretenus, n’offrent rien de re-marquable ; mais près du temple est la curieuse fabri-que de vaisselle de la pierre nommée lavége, en italienlavezzi; nous nous y arrêterons un moment. La la-vége est de l’espèce des pierres ollaires ; elle est d’ungrain très-fin, douce au toucher, surtout quand elle estpolie, grise, rarement marbrée ou d’une autre couleur ;on en rencontre cependant quelquefois de noirâtres etde verdâtres ; elle ne se trouve point à la surface de lamontagne, mais à une très-grande profondeur, d’oùon la tire avec des peines infinies. Pour cet effet, oncreuse de longues galeries fort étroites, et si bassesqu’un ouvrier peut à peine s’y traîner. On ne les faitni plus larges, ni plus hautes, d’un côté pour dimi-nuer les dépenses et de l’autre pour prévenir des ébou-lements, inévitables sans cette précaution dans l’inté-rieur d’une montagne formée de morceaux de rocsincohérents et détachés les uns des autres. Parvenu aufond de la mine, l’ouvrier travaille à genoux à lalueur d’une lampe ; il détache aisément des blocs de