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LETTRES
cette pierre encore humide et molle, les assujettit surson dos, et les transporte lentement à l’ouverture duboyau, en rampant sur ses mains. Là, taillés en cy-lindres de grandeurs inégales, mais ordinairement dequinze pouces de perpendicule sur douze de diamètre,ces blocs restent exposés au grand air, par lequel ilsacquièrent bientôt la consistance nécessaire pour êtremis en œuvre. Cette propriété de se durcir hors de lamine n’est point particulière à la lavége ; elle a cela decommun avec plusieurs autres pierres tirées commeelle du sein de la terre.
Au pied de la même montagne, que les habitantsnomment Carotti, sur les bords d’un canal rempli parles eaux de la Maira, sont creusées en terre de petiteshabitations séparées les unes des autres par une mincecloison et recouvertes d’un mauvais toit ; c’est là quetravaillent les faiseurs de vaisselle. Au dehors de ce la-boratoire , on a disposé sur le canal une roue, dontl’axe est assez prolongé dans l’atelier même pour êtreà la portée de l’ouvrier ; celui-ci prend un cylindre delavége, l’échauffe fortement par le moyen du feu, età l’aide d’un ciment tenace il l’attache à une piècecarrée de bois, de la longueur et de la grosseur dubras ; quand la lavége est refroidie et que l’ouvrier voitqu’elle tient assez pour n’avoir pas à craindre qu’elle sedétache par les secousses qu’elle doit essuyer, il en-chasse le morceau de bois au bout duquel le bloc est ci-menté dans l’axe même de la roue, creusé pour le rece-voir ; cette roue, qu’il peut arrêter ou faire tourner àson gré, emporte d’un mouvement circulaire et rapide