SUR LES GRISONS.
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l’axe et le cylindre ; alors l’ouvrier s’assied et travaille :il trace premièrement avec un poinçon d’acier un cercleà deux lignes du bord ; il le creuse presque jusqu’aulias du cylindre, auquel il ne laisse que l’épaisseurqu’il veut donner à son vase. Jusqu’ici ce n’en est quela hauteur. Pour faire le fond, il prend divers aciersplus ou moins recourbés, avec lesquels il ne laissequ’un noyau d’un demi-pouce d’épaisseur, qu’il con-serve pour le moment sans le rompre ; à la même dis-tance du premier que celui-ci l’est du bord, il trace unsecond cercle concentrique, et fait un second vase pluspetit, adhérent au même noyau ; puis un troisième,un quatrième, etc., diminuant toujours dans la mômeproportion jusqu’à ce que la masse intérieure devenuetrop petite, ne puisse plus fournir de matière à unnouveau vase. Il ne reste plus qu’à rompre le noyaucentral, à polir le vase par le moyen de la lime, et àl’armer d’un cercle et d’une anse de fer. pour qu’ilpuisse être vendu et employé aux usages delà cuisine.
Ce travail, qui ressemble à celui de nos tourneurs,n’est ni pénible ni difficile ; je l’ai souvent essayé avecsuccès par curiosité et par amusement. Tous ces vasesréussissent très-bien pour l’ordinaire; cependant ilarrive quelquefois que des corps étrangers, de petitscailloux, de l’ardoise, du sable se trouvent dans l’in-térieur de la lavége, et que le pot se fêle ou se perce;dans cc cas, une partie de la perte retombe sur l’ou-vrier, à qui l’entrepreneur retranche une fraction deson salaire, quoiqu’il ne gagne pas, en travaillant dumatin au soir, plus de trente sous de France,i. I