LETTRES
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Quelle différence en Ire le climat de cette vallée etcelui du bailliage de Pleurs, qui la touche. A Pleursla chaleur est excessive en été, et la neige n’y restepas trois semaines : ici, au contraire, l’air est tempérépendant la belle saison, et les hivers sont si rigoureuxque la neige couvre la terre au moins cinq mois del’année : on n’y voit pas même le soleil pendant sixsemaines, au moins dans certains hameaux, tels queBondo, Promontogno, etc. Il fait alors sa révolutionderrière la cime des montagnes qui les entourent.
Les productions et la nature du sol ne sont pas moinsdifférentes. A Pleurs on trouve des jardins, des vignes,des vergers, toutes les fleurs, même celles d’Italie ycroissent : le figuier se conserve en plein champ etproduit des fruits délicieux : ici on ne rencontre plusde vignes, plus de figuiers ; les arbres fruitiers sonttrès-rares ; les champs ne produisent que de l’orge,de l’avoine et quelques pommes de terre. Ses habitantssont cependant plus riches que leurs voisins : d’oùvient cela? les causes n’en sont pas difficiles à con-naître. Elles se réduisent à quatre principales : 1° lanature des productions et des ressources ; 2° la ma-nière dont les terres sont possédées ; 3° la forme dugouvernement ; 4° enfin le caractère respectif de ceuxqui habitent ces différents cantons. Ce que nous allonsdire peut servir à faire connaître les causes du bien-être des Grisons libres et de la pauvreté de leurs sujets.
1° Un pays comme Pleurs, dont la vigne est l’uni-que ressource, ne saurait être un pays riche : la cul-ture en est dispendieuse, la récolte incertaine, le débit