SUR LES GRISONS.
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de son produit peu assuré : une vinée trop abondanteest aussi inutile qu’une médiocre est funeste. Le pro-duit se réduit presque à rien dans l’un et dans l’autrecas. Obligé d’emprunter, souvent à usure, pour ache-ter l’engrais, les outils, les fournitures et pour payerles journaliers dont il a besoin, le vigneron est ruiné,s’il néglige ou s'il est dans l’impossibilité de payerce qu’il doit dans le courant de l’année et avant lenouvel emprunt. A ces considérations générales, onpeut en ajouter une particulière au territoire de Pleurs ;c’est qu’étant environné de vignobles dont le vin est demeilleure qualité et d’une plus longue garde, il ne sau-rait écouler facilement le sien : la plus grande partiereste dans le lieu même, le vigneron le boit dans sagrotte, et plus souvent le rachète en détail à un prixbeaucoup plus haut. Ainsi, tirant très-peu d’une terrearrosée de ses sueurs, et se trouvant obligé de payercomptant le blé, le sel, le riz, la laine, le fromage,tout, en un mot, il n’est pas surprenant qu’il soit tou-jours pauvre.
La Brégaglia, au contraire, est un pays propre à lanourriture des bestiaux. Les collines offrent de bonsprés : les montagnes forment d’excellents et de vastespâturages. Les chèvres broutent les arbustes du bas;les vaches sont en haut, et les moutons trouvent unenourriture succulente dans les herbes aromatiques quitapissent les rochers les plus escarpés. Pendant l’étéle paysan débite journellement son beurre, son fro-mage, sa laine ; ce qui lui reste est expédié dans l’é-tranger où l’écoulement en est aussi facile qu’avanta-i. H