SUR LES GRISONS.
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pas payer, on s’adresse au plus riche, en lui donnantrecours contre le débiteur insolvable dont il est caution.Un paysan n’est donc pas sûr de posséder un instantle fruit de plusieurs années d’économie et de travaux :plus il est riche, plus il est exposé à être ruiné. Pararrangement de famille, il arrive assez souvent quecelui qui ne possède pas un pouce de terrain est chargéde payer toute la rente, et personne ne peut se faireune idée du désordre que de pareils arrangements jet-tent dans la fortune des particuliers. Ces fonds ont ététant de fois échangés, partagés, aliénés, que la plu-part des paysans ignorent ce qui leur appartient, etl’endroit où il est situé ; ce qui ouvre une source iné-puisable de violence, d’usurpations et de procès, etfinit par les plonger dans la plus excessive indigence.Ne sachant ni lire ni écrire, les fermiers donnent desà-compte, ou payent toute la cense sans demander unreçu et s’en remettent avec sécurité ou plutôt avecimprudence aux livres de leurs maîtres ; de façon quesi un administrateur est infidèle, il peut aisément s’en-richir en peu d’années et ruiner tous les paysans deson maître. Une terre ainsi possédée s’appelle un U-vello; je ne connais pas de propriété plus onéreuseque celle-là, et je doute que dans le pays le plus des-potique il y ait un esclavage plus rigoureux et un sortplus misérable que celui d’un paysan réduit à cettecondition.
Mais dans la Brégaglia le paysan possède toutes sesterres en propre ; s’il n’en a pas, il peut en prendre àferme sous des conditions avantageuses ; il peut même