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Tome premier.
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LETTRES

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s’en passer absolument ; il a tant d’autres ressources :les pâturages sont communs, il y fait paître autantde vaches qu’il est en état d'en entretenir pendantl’hiver et même au-delà. Les forêts sont aussi commu-nes, et le commerce du bois de chauffage, de charpenteet de menuiserie ouvre à tout le monde une abondantesource de richesses.

3° Quant au gouvernement, les sujets ne payentpas proprement d’impôts, mais ils sont assujettis à destailles arbitraires, fardeau bien plus onéreux ; d’ail-leurs s’il n’y avait pas encore d’autres moyens de lesmettre à contribution, les bailliages ne s’achèteraientpas à un prix si excessif.

Rien de tout cela dans le pays dominant; ceux qui,vivant dans les différents états de l’Europe, ne sontpas allés au sein des Alpes étudier le gouvernementde la nature et calculer les avantages d’être libre, se-ront étonnés quand on leur dira qu’en général un Gri-son, et un habitant du Val-Brégaglia en particulierignore ce que c’est que dîmes, cens, lods, taille»,péages ; qu’il peut tout vendre, tout acheter, toutposséder, établir des fours, des moulins à scie, desmoulins à blé, etc. sans être soumis à aucune rede-vance, et sans payer un sou à qui que ce soit. Je de-mande s’il est un autre peuple au monde qui jouissede pareils avantages.

k° Le dernier trait de notre parallèle entre ces deuxcommunautés voisines, la dernière cause de leurfortune inégale sera tirée de la diversité de leur carac-tère. Les habitants du pays sujet sont peu actifs et