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Tome premier.
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SUR LES GRISONS.

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moins industrieux encore; exposés à l’oppression, ilsse regardent comme nés pour elle ; accoutumés à lamisère, ils ne font que de faibles efforts pour en sortir ;vivant au jour le jour, ils tombent dans une extrêmeindifférence sur le sort de leurs enfants.

Dans le Val-Brégaglia, le paysan est frugal, éco-nome, laborieux : sûr de transmettre à ses descendantsle fruit de son labeur, il travaille avec plaisir, les fem-mes surtout y sont d’une activité incroyable. Tandisque les hommes transportent les marchandises d’Italievenues par le lac de Côme ou gardent leurs troupeauxsur les monts, leurs compagnes labourent, fauchent,moissonnent, emportent la récolte sur leurs épaules,et ne négligent ni leur famille ni l’intérieur de leurménage. Si j’étais agriculteur, c’est dans la Brégagliaque j’irais chercher une épouse.

En général elles ne sont pas jolies ; grandes, fraî-ches, bien proportionnées dans leur première jeunesse,j’ai bientôt vu leurs membres perdre leurs gracieuxcontours, leur dos se courber sous le poids des far-deaux énormes, leur teint se brunir par les rayonsdu soleil, et leur physionomie trop mâle et trop sévèrecesser d’offrir à mes yeux cette douceur irrésistiblequi assure aux femmes l’empire de l’univers; maisquels trésors de vertu, d’industrie, de patience etd’amour conjugal sont renfermés sous cette écorcerepoussante !

Un mouchoir blanc, un corset noir, une jupe demême couleur bordée d’un ruban écarlate, un tablierJbleu foncé, des bas de laine rouges avec des coins jau-