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Tome premier.
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LETTKES

MO

nés ou verts, telle est leur manière de s’habiller, sur-tout les jours de fête; cette parure n’est pas élégante,mais elle est simple et propre : que faut-il de plus ?

Leur coiffure est ce qui me plaît le moins : aprèsavoir relevé et attaché leurs cheveux sur le sommetde la tête, elles en forment deux tresses qui, s’entre-laçant autour d’une grande aigui le d’argent, y fontdes espèces de noeuds ou de chiffres : jeunes, cettecoiffure peut passer ; vieilles et presque chauves, elleest hideuse. Mais la femme est coquette jusqu’au fonddes déserts : partout elle étudie ce qui la dépare oul’embellit ; partout elle a trouvé

L’art de réparer du temps l’irréparable outrage.

I

Les femmes âgées de la vallée que je décris, substi-tuent à ces lacs de cheveux une toque de velours noirqui leur sied à merveille.

Les hommes portent un chapeau noir, une courteveste de drap bleu, des bas de laine de même couleurroulés au-dessous du genou : la conformité de leurhabillement et surtout la coutume de se marier tou-jours dans leur vallée leur donnent à tous une ressem-blance frappante et les fait distinguer au premier coup-d’oeil des autres Grisons. 11 sont en général grands etbien faits ; leur physionomie est noble, leur regardassuré, leurs mœurs simples et leurs manières ouver-tes : ils exercent l’hospitalité avec un empressement,un plaisir et une générosité qui n’ont guère d’exem-ples ailleurs. La coutume qu’ont les hommes de danserensemble sans femmes, et les filles de se ranger autour