SUR LES GRISONS.
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à l’entrée de la nuit : tout l’hiver ils doivent matin etsoir enseigner la lecture, l’écriture, le chant des psau-mes et la religion aux enfants de la paroisse, parcequ’il y a très-peu de communes assez riches pour en-tretenir des maîtres d’école. Quand un de leurs pa-roissiens meurt, ils accompagnent le convoi au cime-tière ; là ils font une courte prière, non pour le mortmais pour sa parenté, et ils la terminent par uneexhortation à penser à la brièveté de la vie, à se pré-parer à la mort par un sage emploi du temps, et àprendre soin de la veuve et des orphelins, si le défunten a laissé. Ce service pour les morts est un casuelqui rapporte beaucoup dans les grandes paroisses,quoiqu’il dépende absolument de la bonne volonté deshéritiers, libres de faire un présent au pasteur ou den’en point faire. Le fixe des cures ne passe presquejamais 400 florins d’Empire, et reste souvent fort en-dessous ; la plupart même n’en valent guère plusde 200. Ce revenu consiste ordinairement en prés etchamps que le pasteur est obligé de faire valoir lui-même , ce qui le force à être agriculteur : j’en ai ren-contré plus d’un qui menait sa propre charrue, en habitnoir ; et je le trouvais cent fois plus respectable que sije l’avais vu à la suite d’une meute ou les cartes à lamain. La fille la plus riche et la plus belle du villageest ordinairement pour lui ; il n’en est aucune qui nese regarde comme très-honorée de devenir la femmedu pasteur. En général, ils m’ont paru contents, etleur sort n’est point à mépriser, surtout s’ils saventse faire aimer de leurs collateurs, c’est-à-dire des