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Tome premier.
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SUR LES GRISONS.

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Un autre usage tout aussi ancien et qui dérive durespect pour les lois de l’hospitalité , subsiste dansla plupart des communautés alpestres. Quand deuxhommes sont en discorde ouverte, et qu’ils ont me-nacé d’en venir entre eux aux voies de fait, leursamis communs tâchent par quelque ruse de les fairetrouver dans la même maison et de les engager à semettre à table ensemble. Dès ce moment, ils devien-nent sacrés l’un pour l’autre : ils ont mangé du mêmepain; cela suffit. On est sûr qu’aucun des deux nelèvera la main contre l’autre et que la contestation seterminera paisiblement, par le droit ou par des arbi-tres. De pareilles coutumes me semblent dignes d’êtreconnues et citées ; elles tiennent lieu de lois dans unpays où il y en a peu , et valent peut-être mieux quedes lois, parce que leur antiquité leur prête unesorte d’ascendant religieux, et que le voile mysté-rieux qui couvre tout emblème, a le double avantaged’imposer du respect à ceux qui ne savent pas le le-ver, et d’intéresser ceux qui le lèvent.

La famille la plus noble du pays grison, peut-êtrede toute l’Europe, est celle des Prævosl (a Præpositis),du moins à les en croire : ils prétendent descendredes Fabius romains. Une charte du septième siècle ,conservée dans cette famille comme authentique,prouve qu’elle avait déjà alors la même prétention ,et qu’on ne lui disputait point cette illustre origine.Reste à savoir si les Prævost actuels, dont plusieursvivent dans l’obscurité du simple état d’agriculteur ,descendent réellement de ceux à qui ce diplôme fut