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Tome premier.
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SUR UES GRISONS.

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trouver un, vu qu’il était tard et qu’on craignait, medit on, les revenants, et surtout un grand bouc gar-dien d’un trésor caché dans les caves de ce manoirabandonné. A force de prières et d’argent, un vieuxsoldat consent à me conduire par le plus court cheminjusqu’au pied du château, mais pas plus loin. Arrivésà la première enceinte, mon conducteur s’arrête, etj’entre seul sous des voûtes assez bien conservées 10 .LA, je l’avoue ingénument, un frisson circula danstout mon corps; mais il ne venait ni de terreur, ni desuperstition. Il tenait à mon imagination échauffée parles souvenirs des temps passés. Combien ces salles mesemblent sombres ! Combien il est profond le silencequi y règne ! Comme de temps en temps un coup devent s’engouffrant dans la tour entr’ouverte siffle mé-lancoliquement, se prolonge par gradations de cham-bre en chambre, et s’enfonce en mugissant dans denoirs souterrains ! Parvenu au fond de ces antres, ondirait que ce sont des hommes qui s’entretiennent enmurmurant de leurs peines. L’Ame remplie d’un chantd’Ossian que j’avais lu peu d’heures auparavant, jem’assis sur une pierre; là je crus entendre les anciensguerriers, jadis possesseurs de ces lieux maintenantdéserts, discourir de leurs aventures, se raconter leurscombats, se rappeler leurs amours ; je m’imaginaisvoir leurs ombres errer autour de moi, les bras entre-lacés, m’inviter à me joindre à leur lugubre compa-gnie , me montrer des traces de sang sur les murs,et disparaître derrière un tas de boucliers rompus etde cuirasses faussées. Il me semblait ouïr les gémisse-