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Tome premier.
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DANS LA SUISSE SOUTERRAINE.

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vrier qui les y surprit endormies, les en éloigna pourtoujours. Chaque peuple a sa mythologie propre, etnos fées gauloises valent bien les Cabyres grecs ou lesPénates latins. Un peu plus bas que cette caverne, ils’en trouve une autre, mais si écrasée qu’il faut s’ytraîner plus de cent pas sur le ventre. En général, jepuis dire que la Grotte-aux-Fées, dans laquelle d’ail-leurs on ne court aucun danger, est une des plusbelles et des plus vastes que j’aie vues; cependantelle n’est comparable ni en étendue à l’immenseBaume de Motier-Travers, qui a près de deux mille-cinq cents pas de profondeur; ni en élégance au Tem-ple des fées dans la mairie des Verrières de Neuchâtel,qui est soutenu par des colonnes de stalactites ; ni enmajesté à la Chaudière d’enfer, près de la source dela Lionne dans la vallée du Lae-de-Joux , qui présentel’aspect le plus saisissant., le plus infernal, si l’on pé-nètre comme je l’ai fait jusqu’à l’arcade étroite pro-jetée par la nature sur le profond bassin d’une eaunoire et stygienne. . . . Mais je ne veux pas anticipersur la description que je t’en donnerai dans la suite demes lettres ; je remarquerai seulement que j’ai étésurpris qu’un observateur aussi exact que l’auteur duvoyage dans la Suisse occidentale, n’ait point décritcelles dont je viens de parler , et ait fait une mentionsi honorable des grottes de Montcherand près d’Orbe,qui leur sont en tous points très-inférieures.

En sortant de la Grotte-aux-Fées, je fus frappé dela beauté du vallon qui se développe de là dans toutesa longueur à l’œil enchanté. Presque sous les pieds,