DANS LA SUISSE SOUTERRAINE.
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peut : il me semblait auprès d’eux que je m'électrisaisà leur bonheur, ou plutôt à leurs vertus. Ils me rap-pelèrent , et par leurs travaux et par leur contente-ment , le vieillard fortuné des rives du Galèse, queVirgile peint avec des traits si vrais :
Rcgum æquantem opes animis.
Vis-à-vis dé leur rustique demeure s’élèvent d’im-menses rocs couverts de halliers : là, il y a environsoixante ans, sur une étroite esplanade que le rochersupérieur surplombait, resta près de deux jours unejeune inconnue de seize à dix-huit ans : après que sesplaintes l’eurent fait découvrir, on l’en retira avecdes peines infinies, au moyen des cordes des clochesde la paroisse, sans que jamais personne de ce vil-lage, où il y a de très-hardis grimpeurs, pût parvenirà cette place ou seulement comprendre commentelle y était arrivée. Soit étourdissement de sa chute ,soit stupeur produite par l’horreur de sa situation ,soit aliénation précédente , pendant quelques joursqu’elle resta à Vallorbes elle ne répondit à aucunequestion et ne donna aucun éclaircissement sur sonsort. Comme son costume indiquait qu’elle était franc-comtoise , on écrivit à Pontarlicr, d’où l’on vint lareprendre et d’où , bientôt après, elle fut conduite àBesançon : dès lors, quelque perquisition qu’on aitfaite, il a été impossible d’en avoir des nouvelles ;son histoire et sa chute sont également un problèmeque la superstition seule n’a point été embarrassée derésoudre à l’aide du diable et de ses agents. Ce qu’il