DANS LA SUISSE SOUTERRAINE. 244
journellement des etïorts inutiles pour le détourner deces études si étrangères à leur façon de penser. Der-nièrement, l’un d’entre eux répondit bien naïvementà une personne qui lui demandait si son père observaittoujours les astres avec la même ardeur : « Ilélas ! on» n’ose seulement pas en parler ; car chacun sait que» c’est un vice comme l’ivrognerie et la paillardise. »Sous peu de jours tu recevras la suite de mes pro-menades souterraines dans les nombreuses grottes ducharmant vallon où je suis actuellement. Adieu : con-tinue à payer de retour le fidèle attachement de tonami.
Motiers-Travers, 27 juin 4785. P. B.
Supplément à la lettre précédente.
Le même voyageur, étant retourné visiter la Grotte-aux-Fées vingt-cinq ans après, a vu plus clairementque la première fois qu’elle était l’ouvrage des eaux,par des lits et des dépôts de sable de la rivière répan-dus en plusieurs endroits. C’était par cette ouvertureque sortait primitivement l’Orbe, qui, une lieue plushaut se perd dans des scissures de rochers sous lemoulin de Bonport, après avoir traversé les deux lacsde la vallée de Joux. Un grand bouleversement inté-rieur ayant très-anciennement obstrué cette issue oucomblé les canaux souterrains qui y aboutissaient, larivière s’est fait un autre débouché dans les flancs dela même montagne, quelques cents pas plus bas que la