Band 
Tome premier.
Seite
247
JPEG-Download
 

ST B ANDRÉ WEISS.

2/(7

force de ses pensées, que ses pensées de ses expres-sions : comme il était né avec une éloquence na-turelle , il eut moins besoin d’apprendre à bien direqu’à parler juste : et suivant une route inconnue à laplupart des savants, il se fit de bonne heure une règleinvariable de subordonner son érudition à son juge-ment, et de faire de son vaste savoir le vernis et nonle fonds de ses discours.

L’université de Bàle lui conféra à l’àge de vingt-unans la chaire importante de philosophie morale et dedroit naturel, et notre jeune professeur annonça cequ’il serait un jour, par un discours sur l’usage deslivres du Nouveau-Testament dans l’étude de la philo-sophie pratique ; discours dans lequel il rendit égale-ment hommage et justice soit à la religion, soit à laphilosophie, en prouvant que leur union bien entenduepeut seule doubler leur utile influence, et par consé-quent assurer leur succès : car il n’était heureusementpas du nombre de ces sophistes qui regardent commeincompatible d’ètre chrétien et philosophe tout en-semble.

N’ignorant pas que la science ne va point chercherl’homme, mais qu’il faut que l’homme aille chercherla science, il entreprit alors un voyage dans le butunique de visiter les savants et les académies célèbres :il parcourut plus en observateur qu’en érudit laFrance, l’Allemagne, la Hollande, et rapporta de cettecourse littéraire un grands fonds de connaissances,une nouvelle ardeur pour l’étude et un désir toujoursplus actif de se distinguer. En 1757, il prit le grade