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Tome premier.
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SCÈNE

nent souuentesfoys les simples et pauures d’esprit :comme a dit Iehan l’Escloppé à ma noble dame etmaîtresse, m’est aduis qu’il aduiendra. Lors remplitiusqu’au bord la coupe de chascun d’iceulx chevalierset la sienne aussi, puis fit un grand signe de croix etdit : a Tres-honoree dame... Dieu et nostre dame uousdonnent tout ce que uostre noble cueur desire ! »Adoncques tous les autres pareillement firent mesmeuœu en grande deuotion, et beurent la santé de Mar-guerite, à celle fin qu’eust un beau fils, scachant bienque riens tant ne desiroit apres le paradis.

Si qu’au fond du plat estoit la derniere part restee,et la donna la noble dame à la uieille nourrice : maispoint ne la uoulust manger comme les autres, ains re-couurit le plat et dit : « Tres-chiere dame et honoréemaistresse, ne le mangeray qu’au jour qu’aurez unbeau fils, selon le désir de uostre noble cueur ; »quand eust dit cela, emporta le plat. Adoncques touscoucher se furent, et à l’aube du jour s’en allèrent lesquatre cheualiers, et cheuaulcherent chascun jusqu’àson bon chastel auec leurs escuyers et seruiteurs.'

Or écoutez ce qu’aduint. Voilà- t-il pas que neuf moisaprès, la noble dame mit au monde un beau garçon...et tout d’abord que lui eust donné premier baiser demere et faict sur lui le sainct signe de la croix, pourqu’il fust bon fils et bon ebrestien, lui souint de Iehanl’Escloppé, qui luy auoit dit : « Dieu et nostre dame uousdonnent ce que uotre noble cueur desire ; » et commescauoit que nostre dame uoulentiers escoute ceulx quiont simplesse de cueur et pauureté d’esprit, en mémo-