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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
clergé chrétien dut enseigner alors que le royaume deDieu n’était pas de ce monde, ajournant ainsi à uneautre vie la pratique de l’égalité. Provisoirement, et ceprovisoire devait durer dix-huit siècles, dans la sociétéchrétienne la loi politique continua d’être une loi deprivilège, en dépit delà loi religieuse, C’est que la mêmecause matérielle subsistait toujours : la puissance de laproduction, ou, en d’autres termes, la somme des res-sources matérielles à répartir, quoique plus grande quedans les âges précédents, demeurait fort insuffisante.Même en refusant aux chefs les avantages auxquels adroit tout supérieur digne de la supériorité, et qui luisont nécessaires pour le plus facile accomplissement deson mandat ; même en donnant à tous une part égale,quelque inégaux que fussent les services et les titres, iln’était pas possible encore que le plus grand nombreobtînt un certain minimum de bien-être , en l’absenceduquel l’âme, soumise à une compression matérielle, nepeut s’ouvrir aux sentiments de la liberté, et reste closeà la notion exacte des devoirs que la liberté impose. Ence temps-là l’impuissance de l’industrie obligeait l’é-conomie publique d’accepter, par force majeure,comme un axiome inflexible, ces paroles avec lesquellesle prêtre chrétien consolait la classe la plus nombreuse :
« La terre est une vallée de misère ! »
En parlant ainsi, Messieurs, je n’entends pas m’établirl’apologiste des temps passés, pas plus que je ne songe àm’ériger vis-à-vis d’eux en accusateur. Je raconte ; jeconstate. Au surplus, nous sommes d’accord sur ce point,que le passé est passé pour ne plus reparaître, et quel’avenir sera établi sur d’autres fondements. Ceci bienentendu, il ressort de l’analyse sommaire que je viensde soumettre à vos réflexions, que, dans les sociétés an-térieures à la nôtre, la souffrance matérielle de la classe