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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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QUATRIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.

ne l’élève à cette hauteur que pour qu’il en retombe avecun plus impétueux élan, afin d’assouvir une haine sau-vage. Laguerre, troublant l’harmonie des éléments diversque le Créateur avait divinement associés pour composerla nature humaine, produit les contradictions les plusmonstrueuses. Alors les nations déploient des ressourcessans pareilles et la plus admirable ardeur dans le but dedétruire tout ce qui honore le plus la civilisation, unefécondité inouïe afin d’exterminer ; elles se parent de leurplus imposante majesté pour se livrer à tout ce qui, dansla vie privée, imprimerait la plus honteuse flétrissure.Alors l’hornme semble un demi-dieu dominé par desappétits infernaux. Rien, aussi bien que la guerre, nefait comprendre cette parole de Pascal, que l’homme estmoitié ange et moitié bête.

C’est donc de la guerre qu’est sorti le crédit public ;c’est au profit de la guerre que les États se sont habituésà contracter des emprunts énormes, auxquels il auraitsemblé que jamais les peuples n’eussent pu subvenir.C’est à la guerre qu’on est redevable ainsi d’un in-strument qui sera désormais admirable pour multiplierles biens de la paix. Ainsi, peut-être, si l’on pouvait re-monter dans l’histoire jusqu’à l’époque où fut forgé lepremier morceau de fer, on trouverait que ce métal, quiforme le soc de la pacifique charrue, et qui fournit autravail la plupart de ses engins créateurs, fut inaugurésur la terre pour un combat à mort, et que son premierusage fut de répandre le sang.

Je dis, Messieurs, que la guerre a fait contracter auxpeuples des emprunts énormes, l’expression n’est pasforcée. Imaginez que l’Angleterre seule, dans sa luttecorps à corps contre la révolution française, a empruntéla somme effrayante de 16 milliards, sans compter desimpôts inouïs.