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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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SIXIÈME DISCOURS D’OUVERTURE,terre ? (Je m’abstiens de citer des hommes qui, grâce àDieu, pour l’honneur de notre temps, sont vivants.) Cepeuple serait-il au courant de la civilisation, ou plutôtne serait-on p^»s en droit de lui dire qu’il se laisse hon-teusement attarder, quoi que puisse lui faire accroire savanité? De même, dans un siècle qui tire de l’industrieson caractère et sa puissance, quel reproche d’ingratitudene pourrait-on pas adresser à une nation qui négligeraitd’apprendre à la jeunesse ce que le genre humain doit àcette autre catégorie d’hommes supérieurs qui ont faitjaillir de la science des inventions propres à accroître lebien-être de tous? Je sais bien qu’à cette double listeglorieuse de savants et d’inventeurs on pourrait, certessans désavantage, en opposer une autre où s’étaleraientles grands noms de la littérature ancienne et moderne.Mais pourquoi opposer ainsi les;belles-lettres aux scien-ces d’application? Est-ce que l’on demande, au nom dessciences, de renverser par une violence sacrilège les let-tres du piédestal du haut duquel les premières nationsdu monde les font apparaître , entourées de leurs hom-mages, aux regards admirateurs delà jeunesse ? Le géniedes lettres et celui des sciences ne peuvent éprouver au-cun dommage du voisinage l’un de l’autre. Il y a placepour tous les deux sous le soleil, et leur bon accord leurprofite. Le premier des poètes de l’antiquité, celui de-vant lequel tous les âges se sont inclinés , Homère, réu-nissait toute la science de son temps. Les sciences n’ontpas empêché Bacon et Descartes , Pascal et Leibnitz ,d’AJembert et Buffon, d’être parmi les plus grands philo-sophes ou les plus illustres écrivains dont s’enorgueillissela littérature; ne les y ont-elles pas aidés, au contraire?Ainsi, Messieurs , respectons et aimons les lettres ; maison ne voit pas pourquoi la jeunesse puiserait exclusive-ment ses notions d’agriculture dans les Géorgiques, et