120 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
s’initierait aux mystères de l’histoire naturelle et de l’as-tronomie dans les Métamorphoses d'Ovide.
Eh quoi .'Messieurs, ces sciences qui révèlent à l’hommeles rapports de l’homme avec l’univers, qui lui appren-nent à dominer la nature , qui lui font admirer et aimerla Providence dans ses œuvres, ces sciences qui le fontparticiper, autant que le comporte sa faiblesse, aux mys-tères de l’ordre établi par la sagesse divine dans le mondedes mondes; ces sciences sur lesquelles se fondent lesarts à l’aide desquels il exploite et embellit la terre quilui a été assignée pour demeure, l’homme les ignorerait !On ne les répandrait pas autant que possible dans tousles rangs de la société ! C’est, Messieurs, une de ces ques-tions qu’il suffit de poser pour qu’immédiatement ellessoient résolues.
Envisageons la question de l’enseignement profession-nel sous un autre aspect. Les sociélés modernes ont en-trepris, avec une ardeur qui ne connaît pas d’obstacles,un grand changement dans leur propre sein. Elles sesont dit qu’elles transformeraient en citoyens investis desprérogatives de la liberté les héritiers et successeurs deces mêmes classes industrielles qui, du temps des Ro-mains et des Grecs, étaient de vils esclaves, et, pendantle moyen âge, des serfs. Elles s’appliquent à mettrecette pensée en action dans leur organisation politique.Pour affermir cette liberté décernée à tous, et en mêmetemps pour empêcher qu’elle ne devînt pour l’État unecause d’ébranlement, elles ont voulu lui donner une basematérielle, l’aisance, l’aisance achetée au prix du tra-vail. Produire mieux, produire davantage, produire àmeilleur marché, et, par ce moyen, mettre l’aisance à laportée du commun des hommes, en proportion du con-cours que chacun aura donné à cette production meil-leure, plus abondante et à plus bas prix, est devenu l’un