SIXIÈME DISCOURS D’OUVERTURE. 121
des premiers besoins des sociétés modernes, un des prin-cipaux articles du programme des bons gouvernements.L’enseignement professionnel étant indispensable pourporter la production à ce nouveau point où elle seraplus copieuse, meilleure et plus économique, devientainsi, de nos jours, une nécessité publique, un des pre-miers soins qui doivent occuper l’État. C’eût été peut-être au rebours de l’esprit des sociétés à privilège quinous ont précédés : c’est sur la pente la plus directe dela nôtre.
Cet enseignement, pour être efficace, a besoin des’étendre sur toutes les classes de la société, sauf à enfaire varier l’étendue et à le répandre partout dans lajuste mesure. Car il ne s’agit pas seulement de formerdes ouvriers qui produisent plus et mieux, et par consé-quent créent le supplément nécessaire à l’augmentationde leur propre rétribution et de leur bien-être, ni depréparer à la direction des ateliers les hommes qui au-ront hérité d’un patrimoine, ou ceux que leur intelli-gence et leur probité auront rendus dignes de devenir,par le crédit, les dépositaires et les heureux metteurs enœuvre des capitaux d’autrui. 11 faut, de même, que leshommes qui suivent les professions libérales cessentd’être étrangers apx opérations de l’industrie. Chez desnations où le plus grand nombre des citoyens se consacreà l’industrie; où le corps électoral, là où le systèmereprésentatif est en vigueur, est composé principalementde producteurs petits ou grands de l’agriculture, desmanufactures ou du commerce; où toutes les assembléespubliques, depuis le conseil municipal de village jusqu’auParlement, comptent dans leur sein tant de représen-tants des diverses branches de l’industrie, il n’est paspossible que les hommes qui occupent les plus hautesfonctions publiques, ceux qui administrent, ceux qui