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SEPTIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.
donné la poursuite des perfectionnements politiques etsociaux que voulaient les grands hommes du dix-hui-tième siècle, et que se proposa d’accomplir l’héroïquegénération de 1789. Mais elle les poursuit dans un toutautre esprit que les hommes qui dirigeaient le mouve-ment, en France et en Europe, pendant les dernières an-nées du dix-huitième siècle. Ce n’est pas un sentimentde haine et de renversement qui l’anime ; elle s’est pla-cée sous les auspices de l’esprit de conciliation. Elle croitque les principes qu’on a opposés les uns aux autres, etpendant le dix-huitième siècle et à plusieurs autres épo-ques, peuvent être mis d’accord. En politique, elle acessé d’admettre que la liberté et l’autorité fussent né-cessairement ennemies ; elle les considère comme répon-dant à deux ordres d’idées et de sentiments qui diffèrent,mais qui coexistent et doivent éternellement coexisterdans le sein de l’homme. Elle estime que la philosophie,qui vit du libre examen, et la religion qui commande àl’homme la soumission, peuvent pactiser au lieu de s’as-saillir pour s’entredétruire. Le monde est assez grand, lavie humaine est assez multiple et assez diverse dans sonunité, pour que les grands principes que naguère onopposait deux à deux puissent renoncer les uns et lesautres à l’empire absolu sans cesser de se satisfaire, etpour qu’à ces conflits d’idées qui se résolvaient en deschocs affreux de peuples et de factions, puisse succéderune manifestation régulière, dans des sphères distinctes,pour chacun des grands attributs de la pensée, pourchacune des formes du sentiment et de la raison. Dans lecas même où ces sphères, viendraient à se rencontrerdans l’espace pour un moment, toute chance subsisteraitencore pour la bonne harmonie, si les hommes consen-taient à être charitables, comme la religion le leurordonne, justes, comme la philosophie le leur conseille.