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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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HUITIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.

mendiant qui, en lui demandant la charité, le couchaiten joue de son escopette. Gil Blas s’empressa de mettreplusieurs réaux dans le chapeau du mendiant. Pour unpauvre écolier de dix-sept ans, seul et sans armes, sur legrand chemin, c’est ce qu’il y avait de mieux à faire.Mais des sociétés puissantes, de grands peuples jaloux deleur liberté veulent être traités avec respect, et on n’ob-tient point leurs réaux si l’on ne se présente dans uneattitude modeste et soumise (1).

En instituant la liberté du travail dans l’enceinte denos frontières, par l’abolition des corporations et parl’inauguration de la concurrence, on a fait parvenir l’in-dustrie française à un haut degré de splendeur. Que l’oncomplète l’œuvre ; qu’on affranchisse les relations inter-nationales comme on a affranchi les échanges intérieurs.Une fois qu’il sera dégagé de toute entrave, l’esprit fran-çais, si justement renommé pour sa vivacité, ouvrira àl’industrie nationale les destinées les plus magnifiques.

On comprendrait encore cet effroi de la concurrenceétrangère de la part d’une industrie arriérée, qui enserait à essayer timidement ses forces. Mais consultez lesdocuments officiels , vous y verrez à quel point noussommes arrivés déjà en comparaison des autres peuples.Nous versons sur le marché général du monde , en con-currence avec l’étranger, pour plus de cent millions detissus de coton, et des tissus de laine pour une somme

(1) Au mois de novembre 1846, le Comité directeur de l’associationprohibitionniste, qui s’est donné le nom d 'Association pour la défense dutravail national, avait adressé au gouvernement une dépêche par laquelleon le menaçait en toutes lettres d'armer ses ennemis. Le Comité publialui-même cette dépêche dans le journal qui lui sert de Moniteur, avec lasignature de tous ses officiers. 11 est bien connu que ce même Comité afait plusieurs fois violence au gouvernement dans les années qui précé-dèrent la date de ce discours n° .VIII.

(Note de la présente édition.)