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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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178 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE,

ments vertueux, de fixer dans les esprits l’amour del’équité, encore moins de toucher les cœurs et de lesfaire tressaillir des élans de la charité. Elle ne va pas surles brisées de la philosophie et de la religion, elle ne tentepas de leur dérober leurs attributions. Elle supposequ’elles l’ont devancée et que les hommes les ont aidéesà remplir leur tâche sur eux-mêmes.

Tous apercevez donc l’erreur dans laquelle tombentles détracteurs de F économie politique. Ils méconnais-sent la répartition des attributions qui existent nécessai-rement entre l’économie politique et les deux grandespuissances de l’ordre intellectuel et de l’ordre moral, laphilosophie et la religion. Us supposent que l’économiepolitique s’arroge un pouvoir qu’elle n’a point et qu’ellene peut avoir. Us troublent ce que nous appelons, dansla langue de l’économie politique, la division naturelledu travail, division qui, lorsqu’elle est bien tracée etbien observée, donne des résultats admirables.

Du point de vue où je viens d’essayer de vous trans-porter, vous aurez peu de peine à apprécier à leur justevaleur les autres griefs de nos adversaires, car ce n’estguère que la paraphrase de cette accusation, que l’éco-nomie politique n’a pas d’entrailles, et qu’elle ne parlepas la langue de la charité. Examinons, par exemple, cequi concerne Malthus.

Ce savant économiste, dont on a fait une figure impi-toyable, un exterminateur dans le genre d’Attila, ou unbourreau comme Marat, était un ministre du saint Évan-gile, d’un caractère pieux, des mœurs les plus douces,mais qui, heureusement pour la science et pour la nationdans le sein de laquelle il vécut et ferma tranquillementles yeux il y a peu d’années, était un philosophe obser-vateur, suivant jusqu’au fond des faits le lien entre leseffets et les causes, au lieu de s’arrêter là où se bornent