Buch 
Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
Entstehung
Seite
179
JPEG-Download
 

NEUVIEME DISCOURS D’OUVERTURE.

179

la plupart des intelligences, à la surface. A lepoque oùil commença sa carrière, c’était dans toute l’Europe untravers, dont nous ne sommes pas complètement guérisencore, d’imputer aux gouvernements tout le mal qu’il ya sur la terre. Malthus, qui avait une grande érudition à ladisposition d’un rare esprit d’analyse, montra que, sousles abus politiques, réels ou supposés, .qu’on agitait pourles multiplier aux regards des peuples, il y avait unecause du mal plus générale, plus profonde que l’impé-ritie ou l’indifférence des gouvernements, à savoir : ladisproportion entre les subsistances et la population. Ilrépandit ainsi des lumières inattendues sur l’histoire dugenre humain, sur l’origine des désordres qui affligeaientsouvent l’humanité, sur les causes de la décadence jusque-là inexpliquée de certains États. Le problème de l’amélio-ration populaire, qu’on cherchait à résoudre par deschangements politiques trop souvent sans justificationdans le passé des peuples, sans racine dans l’espritnational, il prouva qu’on ne saurait le résoudre qu’au-tant que, par la fidélité avec laquelle on se conforme-rait aux règles d’une saine économie et par les effortsdes hommes sur eux-mêmes, le rapport entre la quan-tité des subsistances et le nombre des hommes auraitété et resterait avantageusement modifié. Il constataque la charité des individus et de l’État, avec les meil-leures intentions du monde, prenait très-fréquemmentune direction qui conduisait à vicier ce rapport au lieude le rendre plus favorable, et il eut le courage d’en con-clure, non pas qu’il ne fallait point être charitable, c’estune calomnie dont je voudrais laver la mémoire decet homme pieux et excellent, mais qu’on devait s’appli-quer à l’être de telle façon, que le rapport des subsis-tances à la population devînt plus propice. Sans doutel’économie politique, par le progrès naturel qu’elle a