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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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NEUVIEME DISCOURS D’OUVERTURE. 181

ment vraie, et elle pourrait servir de fondement à untraité méthodique d’économie politique.

Ce point admis, il n’est pas difficile de voir combien ona tort de faire un crime à l’économie politique de pren-dre la défense de ce capital dont quelques personnes,quelques écoles, ont imaginé, de nos jours, de faire unesorte de vampire contre lequel on excite le ressentimentdes populations ouvrières. Il se trouve, en effet, si ceque je viens de dire est fondé, que le capital, au lieud’être l’ennemi de l’ouvrier, lui rend un grand service,le plus grand des services possibles dans l’ordre maté-riel. Puisque le capital, sous l’une de ses formes, estl’instrument de toute espèce dont l’homme s’assiste dansle travail, le genre humain, s’il n’y avait pas de capital,serait réduit à tout faire de ses dix doigts et de ses mus-cles, sans que les éléments, les forces de la nature et lesêtres de la création lui donnassent aucun secours, toutcomme les malheureux fellahs que le vice-roi d’Égypte,Méhémet-Ali, avait réunis au nombre de cent mille pourleur faire creuser, sans autres outils que leurs ongles, lecanal d’Alexandrie au Nil, et dont vingt ou trente milley périrent d’épuisement. Puisque la seconde forme ducapital, c’est la masse des approvisionnements formésd’avance en tout genre, s’il n’y avait pas de capital, legenre humain serait, pour sa subsistance, dans la condi-tion des oiseaux du ciel, qui vaguent pour trouver leurpâture, ou de ces misérables tribus d’Esquimaux qui, unjour, quand la pêche a été bonne, se gorgent, commedes animaux voraces, du poisson que leur a livré la mer,et le lendemain, si la tempête ne leur permet de re-nouveler leurs provisions, sont livrés à toutes les an-goisses de la faim.

A propos d’un procès politique qu’il eut à soutenir, etoù il avait été condamné par l’effet, suivant lui, des dé-