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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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NEUVIÈME DISCOURS D’OUVERTURE. 187

l’esprit humain ! quand on commença à reconnaître quela panacée qui devait faire le bonheur des hommes en trans-mutant les gouvernements, était sans vertu, le public semit en quête d’une autre pour laquelle il pût se passion-ner, et bientôt les doctrines qui se proposent de chan-ger mécaniquement la société elle-même se propagèrentavec une rapidité dont vous avez vu les effets dans lasecousse violente qui a suivi la révolution de février.

Qu’il y ait une liaison entre la forme du cadre socialet le bonheur des individus dont la société se compose,ce n’est pas ce que je veux contester : l’esclavage, quiétait la base des sociétés grecque et romaine, et le ser-vage, qui du temps de la féodalité y avait été substitué,n’offraient, même alors, au plus grand nombre des hom-mes, qu’infmiment peu de chances de bonheur: l’un etl’autre, aujourd’hui, seraient d’affreuses tyrannies. Sidonc les novateurs se contentaient d’affirmer qu’il existeun lien entre la forme de la société et le bien-être des in-dividus, ils ne diraient rien que de vrai ; ils pourraient vi-vre en bonne intelligence avec l’économie politique, ilss’appuieraient, de même qu’elle, sur l’observation et surle raisonnement. Mais ils ont de bien autres affirmations.Chaque école, chaque fraction d’école a ses idées arrêtéeset exclusives, et l’adoption de son mécanisme est à sesyeux la condition absolue de la félicité des humains,comme aussi le système doit suffire, par sa vertu intrin-sèque, à résoudre le grand problème.

Ainsi, chaque école, chaque fraction d’école, seprésente avec sa panacée sociale, qui contient le se-

a exprimé et motivé cette pensée : c’est M. Charles Dunoyer. II l’a pro-duite notamment dans un ouvrage que j’ai déjà cité (voir plus haut,p. t2), L’Industrie et la Morale dans leurs rapports avec la Liberté. Cetouvrage, publié en 1823, a, depuis, été refondu dans une œuvre impor-tante, La Liberté du Travail.