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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
cret de rendre le peuple heureux infailliblement, demême que Paracelse portait, dans le pommeau de sonépée, la sienne, qui était la guérison certaine de toutesles maladies. C’est donc, comme dans la doctrine desalchimistes, le surnaturel appliqué au traitement desmaux.
Ce caractère bizarre a pourtant servi les systèmes té-méraires que récemment on a prêchés, au lieu d’y nuire;il n’a pas peu contribué à séduire diverses parties dupublic. L’homme qui souffre, et à qui il tarde de chan-ger de sort, est prompt à se prendre de passion pour lesprogrammes où il lit d’éblouissantes promesses à courteéchéance. De jeunes âmes, faciles à enflammer et dé-pourvues d’expérience, franchissent aisément, dans leursgénéreux transports , la limite qui sépare le monde desréalités de celui des chimères. C’est ainsi que l’impa-tience des esprits'a mis en vogue les projets les plusvains, indépendamment du mobile dont je parlais toutà l’heure, le goût qu’a l’imagination française pourl’impossible, de préférence à ce qui n’est que difficile.
Mais puisque j’ai comparé à l’alchimie les systèmesqui se sont produits avec la prétention de changer com-plètement la société, il faut que je justifie mieux cettecomparaison. Avant tout, qu’ai-je besoin de dire qu’icije ne mets en suspicion la sincérité de personne ? Dumoment qu’on entre en discussion, on admet la bonnefoi de ses adversaires. Au surplus, les alchimistes aussiétaient de bonne foi, mais ils s’abusaient étrangement.Or, comment et en quoi s’abusaient-ils ?
Leur imagination, qui était échauffée, elle aussi, parle désir d’améliorer la condition de leurs semblables ,avait transporté leur âme dans des régions où elle avaitperdu de vue la loi contenue dans les solennelles pa-roles adressées au premier homme, à l’instant où il