NEUVIÈME DISCOURS D’OUVERTURE. 191
lui-même résumé en ces termes : que le travail s’y main-tiendra sans le secours de la morale et de la faim; n’hésitezpas à dire à l’auteur qu’avec sa formule, qui est l’inversede celle du travail à la sueur de notre front, il se met eninsurrection contre la loi de la responsabilité humaine,et qu’il n’en faut pas davantage pour que son systèmesoit impraticable et funeste. Vous pourrez ajouter,par manière de consolation, que l’auteur de ce mêmesystème a eu le mérite d’apprécier le bien qu’on devaitattendre du principe d’association à une époque où ceprincipe semblait méconnu en France 1 : mais dans sonzèle réactionnaire en faveur de ce principe admirable, ila fait un inconcevable écart.
Pareillement, si d’autres systèmes, se présenthnt sousles dehors de la fraternité, détruisent, sous prétexte deprogrès, le ressort de l’intérêt individuel, n’hésitez pasdavantage à les condamner comme des fantômes propresà égarer les hommes qui souffrent. L’intérêt personneln’est en effet qu’une des figures les mieux dessinées dela responsabilité individuelle.
Mais voici, au sujet des écoles nouvelles, un aperçumoins triste que ce qui précède :
Quand ils eurent cessé de s’abandonner aux écarts deleur imagination et de s’enivrer de leurs propres désirs,les alchimistes devinrent les pères de la chimie, sciencepositive, qui est utile à l’homme et ne peut égarer sonâme. De même, quand les esprits enthousiastes, qui au-jourd’hui se jettent à corps perdu dans le socialisme eten caressent les erreurs, auront mis un frein à leursélans, et qu’ils consacreront méthodiquement et opiniâ-trement à l’observation et à la réflexion les belles facul-tés dont les a dotés la nature, ils deviendront des dis-ciples utiles de la philosophie et de l’économie politique.Non, l’économie politique, dont ils sont les adversaires