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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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DIXIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.

niers temps. Elles nous auront grandement alarmés, ellesnous auront fourni matière aux réflexions les plus sé-rieuses ; mais de tous les systèmes dont nous avons étéinondés, il ne survivra rien, absolument rien, aprèsquelque délai, que ce qui pourrait, en être digne.

Le changement le plus radical qu’on ait apporté à l’or-ganisation sociale, en même temps qu’à l’organisationpolitique, a consisté à proclamer les principes de libertéet d’égalité. Ces principes n’étaient pas neufs sur la terre,et en m’exprimant ainsi, ce n’est pas un reproche que jeleur adresse, c’est leur éloge que je fais. Il me sembleque les idées qui aspirent à se faire reconnaître à titre deprincipes sociaux ont à fournir leurs preuves d’ancien-neté. C’est à elles qu’on est fondé à demander le nombrede leurs quartiers. Si elles n’en avaient pas à montrer,elles ne seraient pas en harmonie avec la nature hu-maine, car toute idée sociale de quelque portée, qui estréellement conforme à notre nature, a dû se manifesterplus ou moins dès l’origine des temps.

Fort heureusement donc pour leur avenir, les prin-cipes de liberté et d’égalité n’étaient pas des nouveauxvenus quand ils furent inaugurés par les penseurs dudix-huitième siècle d’abord, par le législateur ensuite.A leur égard, la religion et la philosophie avaient pris lesdevants, et de longue main.

La liberté est de l’essence de toute religion et de toutephilosophie dignes de ce nom, puisque toute religion ettoute saine philosophie enseignent à l’homme qu’il estresponsable, et il n’est responsable que parce qu’il ale libre arbitre; Les difficultés matérielles de la so-ciété ài le début, l’imbécillité intellectuelle et moraled’une grande partie du genre humain à l’origine, avaientrendu nécessaire, pendant une suite de siècles, que laliberté demeurât voilée pour un grand nombre d’hommes,