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DIXIÈME DISCOURS D’OUYERTURE.
Ainsi, premièrement, l’économie politique est unescience certaine, à la façon de la science du droit, de lamorale et de la philosophie tout entière, parce qu’elle a,comme le droit, la morale et la philosophie, un grouped’idées générales, solidement établies par la démonstra-tion ou acceptées par la conscience du genre humain ;ce qu’on nomme, en un mot, des principes. Seconde-ment, ses principes à elle, de même que ceux du droit etceux de la politique, ne sont autres que les principes dela morale envisagés, non plus dans toute leur généralité,mais seulement sous un aspect particulier, qui corres-pond à un objet déterminé. Pour l’économie politique,cet objet est la formation, la répartition et la consom-mation de la richesse.
Je pourrais même faire remarquer en passant, ce quisera plus net pour vous quand vous aurez suivi un coursentier d’économie politique, que de ces deux grandsprincipes, la liberté et la justice, le premier répond plusparticulièrement à la formation, le second à la réparti-tion et à la consommation de la richesse.
Il n’y a aucune des règles de l’économie politique quin’ait besoin de s’adresser à la morale pour obtenir unesanction, disons mieux, qui ne soit la transfigurationde quelqu’une des notions de la morale publique ou pri-vée. C’est ce que vous verrez en détail cette année, sivous me faites l’honneur de suivre mes leçons.
Quand on examine comment se forme la richesse,quand on dénombre les mobiles qui y contribuent, il estimpossible de ne pas mettre au premier rang l’intérêtpersonnel. C’est là ce qui donne aux efforts de l’hommeindustrieux leur maximum de puissance. L’homme tra-vaille pour lui, pour les êtres qu’il aime par-dessus toutau monde, pour sa femme et ses enfants. Yoilà pour-quoi il travaille activement, voilà comment il devient,