226 COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
rattache à son domaine l’exposé méthodique et l’appré-ciation des institutions d’économie charitable, c’est-à-dire de celles qui procèdent de la fraternité. On peut yvoir, en effet, des modes complémentaires de la répar-tition de la richesse. Il faudrait seulement avoir soinque ce fût bien distinct : la justice d’abord, la charité oula fraternité ensuite. Il lie répugne aucunement à l’espritde l’économie politique de montrer le chef d’industrie,une fois les parts faites conformément à la justice, d’a-près le texte des contrats, s’occupant, librement, d’or-ganiser, par exemple, seul ou avec le concours de sesvoisins, une caisse d’épargne, une caisse de secours,une caisse de retraite, ou d’ouvrir une école. De même,il appartient incontestablement à l’économie politiqued’embrasser dans ses investigations les institutions de labienfaisance publique, la taxe des pauvres, les bureauxde bienfaisance, les projets de colonisation en grand avecl’assistance de l’État. D’un autre côté, l’économie poli-tique, qui vante justement la division du travail, ne peutse refuser à admettre que quelques personnes lui entas-sent l’application à elle-même, et qu’elles se donnentla mission spéciale de classer méthodiquement, sous ladénomination d’économie charitable, les institutions etles pratiques par lesquelles se manifeste le sentiment su-blime de la charité. S’il en était ainsi, l’économie politiquefournirait, dans beaucoup de circonstances, de précieuseslumières à l’économie charitable sur les mesures à pren-dre pour élever la condition des pauvres, et elle recevraitavec reconnaissance, en retour, les renseignements quel’économie charitable pourrait lui donner sur les moyensde restituer à l’activité sociale des forces aujourd’huifrappées de stérilité.
Je m’arrête maintenant. J’espère vous avoir fait saisird’une manière générale l’objet du cours de cette année :