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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
les solitaires de la Thébaïde, du mot grec qui, vous lesavez, signifie l’homme vivant dans la solitude. Maisceux-là vivaient entre eux en communauté. Au lieu des’isoler du monde, ils s’y mêlaient, pour servir à l’avan-cement de la civilisation de mille manières. Non-seule-ment ils cultivaient et répandaient les sciences et leslettres, mais encore ils défrichaient la terre, ils proté-geaient et enseignaient les arts utiles et surtout les artsagricoles. L’heureuse influence des couvents, pendant lemoyen âge, sur la partie matérielle même de la civili-sation, c’est-à-dire sur le bien-être des populations, toutcomme sur l’intelligence et la moralité des peuples, n’estpas un mystère pour vous ; c’est un hommage que lesadversaires mêmes de la religion chrétienne se sont pluà lui rendre.
.T’irai plus loin : je vous prie de réfléchir sur la placeet le rang que l’Église assigne aux beaux-arts. J’y trouveune démonstration nouvelle de l’ampleur dè la doctrinechrétienne, la preuve qu’elle embrasse notre être dansson entier, qu’elle en favorise le complet développement.Une religion qui proscrirait les beaux-arts se désarme-rait d’un des puissants moyens de moraliser l’homme ;car les beaux-arts élèvent notre âme en nous saisissantpar les sens. Une religion hostile aux beaux-arts ne pour-rait être que celle d’associations peu nombreuses ; ellen’aurait pas de chances pour devenir celle du genre hu-main, car le genre humain en masse refusera toujoursde supporter certaines privations auxquelles cependantdes groupes particuliers auront pu se ployer. L’éclatantereconnaissance des beaux-arts par la doctrine chré-tienne est un de ses titres à l’universalité. Reste pour-tant que, par cela même, la doctrine chrétienne est bienéloignée de faire abstraction des sens de l’homme, etqu’elle légitime des jouissances qui dépassent ce qui se-