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COURS D’ÉCONOMIE POLITIQUE.
Le détachement du monde, le renoncement que le chris-tianisme n’a pas cessé de recommander aux hommes, etqu’il leur prêchera toujours, ne doit pas se confondreavec l’amour de la pauvreté. C’est une vertu à l’usagedu riche qui veut rester riche comme de celui qui se dé-pouillerait ; une vertu que peut pratiquer le pauvre,même lorsqu’il lutte avec ardeur pour se conquérir unpatrimoine à force de travail et d’épargne ; c’est l’empirede soi, c’est ce qui fait que nous sommes toujours supé-rieurs à notre fortune dans la prospérité, et que l’adver-sité, au lieu de nous abattre, nous trouve aussi fortsqu’elle, non pas impassibles, mais résignés, espérant deDieu, des hommes et de nous-mêmes une réparationqui viendra tôt ou tard, dans ce monde ou dans l’autre.Par le renoncement, le chrétien reste, selon la définitionque je citais tout à l’heure, une intelligence servie pardes organes, au lieu de devenir ce que sont trop souventles personnes sans religion, une intelligence au serviced’un organisme sensuel. Voilà, Messieurs, ce qu’est lerenoncement chrétien ; ce n’est rien de plus, rien demoins. Entendu ainsi, il n’est pas déjà d’une pratiquesi facile.
Tout en m’exprimant ainsi, je proclamerai aussi hautque qui que ce soit que l’amour du bien-être, quand il dé-génère en sensualisme, est contraire à l’avancement dela civilisation; qu’il dépouille l’homme de la force quiserait nécessaire pour se porter en avant, parce qu’ildétend les ressorts de l’âme. Malheur donc à la nationqui s’absorberait dans l’amour des jouissances maté-rielles! Le cul le du veau d’or serait aussi fatal aux peuplesmodernes qu’il pouvait l’être aux enfants de Jacob aupied du mont Sinaï. Mais on serait fondé à soutenir quece ne serait plus là ce qu’il convient d’appeler le bien-être, en prenant le mot dans toute son étendue, car il