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Réunion de tous les discours d'ouverture - leçons / par Michel Chevalier
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DOUZIÈME DISCOURS D’OUVERTURE.

culé singulièrement les bornes de la responsabilité hu-maine. Dans le polythéisme antique, l’homme se déro-bait à la responsabilité en invoquant l’aveugle destin,divinité sans entrailles et sans intelligence, qui pour-tant faisait courber devant ses arrêts la volonté des dieuxmêmes. Dans le monothéisme des musulmans, l’indi-vidu se soustrait de même à la responsabilité par lacroyance à la fatalité. Dans le monothéisme même dupeuple hébreu, le sentiment de la responsabilité était àdemi voilé, puisque les hommes n’avaient alors qu’unenotion vague de la vie future, récompense ou châtimentde la vie présente.

Le christianisme sanctionne plus explicitement encorele progrès dans les rapports de l’homme avec le pro-chain , il peut en revendiquer l’initiative. C’est lui quia enseigné aux hommes que tous, les Gentils comme lesJuifs, sont frères, étant les enfants chéris d’un mêmeDieu. C’est pour le salut de tous les hommes, sans excep-tion de caste ni de race, que le Christ s’est immolé surla croix. La charité chrétienne est le mobile du progrèsqui a successivement fait tomber les fers des esclaveset les entraves des serfs, et qui a abaissé les barrières,jusque-là insurmontables, entre les classes dans lemême Etat, entre les nations dans le monde. Elle estl’expression la plus élevée et la plus étendue de la socia-bilité, elle embrasse toutes les autres.

Pour qu’une modification des institutions sociales soitdigne du nom de progrès, il faut qu’elle rentre dans leprogramme qui précède, c’est-à-dire qu’elle soit de na-ture à accroître la liberté effective des populations, et àéveiller ou fortifier en elles le sentiment de la responsa-bilité ; qu’elle affermisse le sentiment du droit communou de l’égalité devant la loi, qu’elle fortifie et rendeplus chère aux hommes la sociabilité, soit par les liens